Karen Willems « Fancy cannot cheat » CS (Kashual Plastik)
Karen Willems est une percussionniste et batteuse belge, active depuis une quinzaine d’années d’abord dans des groupes et collectifs comme Zita Swoon ou Yuko puis en solo. Il y a quelques choses de très intime dans sa musique et un rapport à la nature qui prend rapidement une place centrale (« Dancing with the birds »). Le chant est étouffé mais la musique transpire d’une aura immédiate, filant sous des cieux menaçants vers un destin inaccompli. Les rencontres entre organique et électronique, live et cut-ups, créent des orages mentaux inédits et intrigants. Dans ces espaces d’une aveuglante intensité, entre rêves et souvenirs, coule une musique définitivement parasite, allongeant des passages et des transitions comme les éclairs jouent sur l’attente (« Awake or Asleep »). Les interférences gagnent les lieux de vie, modifient nos paroles et nos perceptions dans une grande bascule terreuse et quasi-chamanique (« Medicine Wheel »). La tension se crée dans un empilement de couches-paillasses où s’enflamme l’expérience dans un crépitement soniquement caméléon. Les chants d’oiseaux se permutent en permanence, infiltrant les nappes, étirant les énergies en apaisant le feu du cœur. Dans une tasse de café, le long d’une bûche, dans les embruns d’une cascade ou au détour d’un couloir non-éclairé, on cherche toujours les clés du mystère dans une rythmique jazz qui n’en est pas vraiment une (« Wherever you are, Cruise Julee »). Joli voyage sonore que ce « Fancy cannot cheat » que je vous recommande.
