Operator!

Eraser « Operator! » LP (Siltbreeze)
Le groupe de Philadelphie, à peine de retour d’une enthousiasmante tournée européenne, publie son deuxième album, un disque vraiment fun dans lequel l’énergie est palpable du début à la fin. Des morceaux courts et percutants qui transpirent la fleur de bitume du New-York du début des années 80 – les artistes ZE records en particulier – mais possiblement aussi une certaine énergie en provenance par exemple des débuts de Kill Rock Stars. Rythmique nerveuse, guitare râpeuse (« Trey »), clavier discret mais remuant (« DVD ») et paroles aiguisées. Eraser se joue du tout-numérique de l’époque de manière malicieuse et tranchante. Top!

Nowhere Flower « Peace Channel » LP (Soft Abuse)
Je vous avais déjà parlé l’an passé de son album avec Miranda Spatula, voici de nouveau Nowhere Flower (Lila Jarzombek) avec un troisième album solo impressionnant dans lequel elle poursuit ses aventures soniques. L’alchimie entre rythmiques au casiotone et dérivations guitaristiques qui devraient parler aux amateurs du label néo-zélandais XpressWay est parfaite. Il transpire dans ces morceaux une grande liberté, un souffle puissant et pacifique qui, comme l’écrit très bien Stefan Christensen dans le texte de présentation, s’inspire autant du paysage martien du Mont St Helens qu’à celui infernal et dévasté de Gaza. Inspirant et délicat.

The Drin « I Lost My Way For Centuries » 2xLP (Feel It)
Je vous avais déjà causé de ce groupe de Cincinnati (Ohio) il y a trois ans, voici déjà leur cinquième album, un ambitieux double opus dans lequel le sextet fait le meilleur usage autant d’une douze-cordes que de saxophones, tambourins, harmonica, synthétiseurs ou même d’un bouzouki. L’ambiance est psychédélique, entraînante, souvent mélancolique….une longue dérivation dans laquelle on se laisse embarquer car c’est le fleuve de notre esprit, il peut nous emmener dans des endroits insoupçonnés, apaiser un peu de nos angoisses face à ce monde qui s’auto-détruit.

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